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Voilà encore une excellente pièce programmée au Festival : « L’envoûtement » ( Et quel envoûtement) de Jean-Pierre Dopagne, un auteur belge qui nous régale de textes de haute qualité depuis plusieurs années , à commencer par « L’enseigneur » joué à la création par Alexandre von Sivers et repris en France plus tard par Jean Piat.
Cet auteur aime écrire des rôles pour les comédiennes et je ne puis que l’en remercier. Ils sont rares ces auteurs-là !
Et son choix s’est porté cette fois sur Alix Mariaule, pour qui il avait déjà écrit « La Demoiselle » en 2003 , et Delphine Charlier.
Jean-Pierre Dopagne a eu des contacts avec ces deux magnifiques comédiennes durant plusieurs mois auxquelles je dois ajouter le nom de Pascal Racan qui allait se charger de les mettre en scène.
Ils ont peaufiné ce projet à quatre. Un travail d’envergure mais passionnant , plein de tendresse, d’affection et d’amitié.
Les productions Argan 42- dirigées par Daniel Hanssens- s’y sont intéressées et une décision a été prise pour créer la pièce au Festival de Spa en 2009.
C’est l’un des grands spectacles du Festival tant pour le texte, la mise en scène que pour les deux interprètes.
Elles sont brillantes toutes les deux. Elles déploient leur talent avec une énergie incroyable.
La pièce commence gentiment avec la naissance d’une solide amitié entre Patricia , responsable de la programmation de grands concerts de musiques classiques , et Marylène , une jeune femme qui vit avec sa mère , sans emploi vraiment sérieux ( tout au moins en apparence) et à mi-temps. Elle est émerveillée du travail réalisé par Patricia pour le compte de Monsieur Daniel, directeur d’une grande société de productions. Cela l’exalte !
Elles sont devenues les plus grandes copines qui soient…
Mais quelques jours plus tard, disons trois à quatre semaines , les choses vont changer et les rôles et fonctions de Patricia qu’elle occupe depuis une quinzaine d’années vont passer au pouvoir de Marylène.
Tout se précipite de jour en jour.
Qui est responsable de ces changements, désespérants pour Patricia , enthousiasmants pour Marylène ? Monsieur Daniel , le grand patron de la société , « Un homme formidable , intelligent , compétent » comme l’avait présenté Patricia à Marylène.
On ne verra jamais cet homme (comme dans « l’Arlésienne » et « Godot ») et c’est maintenant la nouvelle recrue qui répétera son nom sans cesse…
La mise à l’écart professionnelle devient pour Patricia une vraie descente aux enfers personnels.
Jean-Pierre Dopagne(l’auteur) : Ma pièce aborde le harcèlement doux au travail. Ce harcèlement qu’on ne voit pas , qui s’insinue discrètement dans le quotidien .
Pascal Racan ( metteur en scène ) : A l’image du sujet , c’est un texte en apparence doux, tendre et cocasse. Une façade devant une cruauté sournoise.
Jean-Pierre Dopagne ( l’auteur) : Nous avons longuement discuté de ce personnage , Alix , Delphine , Pascal et moi , d’en faire un patron envoûtant et manipulateur, comme il en existe beaucoup dans notre société actuelle.
Pascal Racan ( metteur en scène) : Nous avons aussi établi le caractère de ces deux femmes.
Une fois les mises au point bien structurées et précises , nous avons commencé à répéter la pièce.
Dialogues vivants distribués dans de très courtes séquences , entrecoupées de narrations jouées par nos deux comédiennes.
Tons et jeux de scène de vérité et d’authenticité !
Delphine Charlier et Alix Mariaule nous envoûtent , dirigées de main de maître, avec passion et compétence par Pascal Racan , l’un de nos grands acteurs belges qui passe avec facilité de son métier de comédien à celui de metteur en scène.
Les jeux de lumière, réglés également par Pascal Racan sont justifiés , on passe sans cesse de coups de flash sur Patricia et Marylène pour la narration , de plans de lumière large pour leurs scènes à deux.
Une heure trente de spectacle qui passe comme un éclair !
Un spectacle à ne pas rater.
Si vous n’avez pas l’occasion de le voir à Spa , vous aurez l’opportunité de le découvrir à Bruxelles , au Théâtre Mercelis, du 1er au 31 octobre prochains.
Qu’on se le dise et qu’on le dise aux copains , amoureux du théâtre… et je sais qu’ils sont nombreux.
Il suffit de voir combien sont remplies les quatre salles du Casino de Spa à l’occasion de ce grand et sympathique Festival 2009 !
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